GNR (gasoil non routier) Ex fuel domestique ATTENTION

Le GNR est un nouveau carburant de traction destiné à un usage professionnel sur certains types d’engins définis par l’annexe à l’arrêté du 10 décembre 2010, notamment les engins mobiles non routiers (travaux publics, forestiers ou agricoles). Bien que le transport routier représentait en 2010 20% des émissions polluantes, une participation de tous les secteurs a été demandée pour l’atteinte des objectifs du protocole de Kyoto, lutter efficacement contre le réchauffement climatique et améliorer la qualité de l’air*. C’est ainsi que le Gazole Non Routier a été conçu, à l’origine, pour réduire l’impact des émissions polluantes des moteurs sur l’environnement, notamment avec une diminution substantielle de la teneur en soufre par rapport au fioul couramment utilisé hors routes conformément à la Directive 2009/30/EC.

Décrets & Réglementation du GNR

L’utilisation du Gazole Non Routier est autorisée depuis le 1er janvier 2011 et obligatoire à partir du 1er mai 2011 sauf pour les tracteurs agricoles dont la mise en conformité interviendra au 1er novembre 2011.

Le GNR dispose d’une coloration rouge identique au fioul pour maintenir une fiscalité spéciale et ainsi encourager son utilisation.

L’ensemble des dispositions réglementaires à l’utilisation du Gazole Non Routier (GNR) peut être retrouvé dans les textes suivants :

Le Gazole Non Routier un impact limité sur l’environnement

Une teneur en soufre moins élevée favorise la diminution de gaz à effet de serre (notamment les oxydes d’azote Nox) et d’émission de particules polluantes : 10 ppm (10 mg/kg) contre 1000 ppm actuellement soit 100 fois moins élevée que le fioul.

Un indice de Cétane plus élevé à 51 contre 40 pour le fioul permet une meilleure combustion du carburant et une diminution des imbrûlés, particules polluantes et autres impuretés présents dans les gaz d’échappement.

Le recours à un biocarburant de source renouvelable : l’ Ester Méthylique d’Acide Gras (EMAG), un biocarburant utilisé en lieu et place du soufre permet une lubrification « propre », limitant l’impact sur l’environnement.

Le GNR carburant conforme aux normes constructeurs

L’utilisation du GNR est homologué par les fabricants de moteur dans le cadre de la norme EN 590. En cas de litige ou panne, la qualité du carburant ne sera nullement remise en cause.

Une fluctuation de prix maîtrisée

Enfin, à l’inverse du fioul dont le prix est indexé sur sa version domestique (la demande est forte en hiver pour le chauffage), le passage en GNR permet une stabilisation des prix tout au long de l’année sans phénomène de saisonnalité.

 

Un ester à haut pouvoir décapant

Le soufre avait une propriété lubrifiante dans le moteur. Sa réduction a rendu nécessaire l’ajout d’un biocarburant, l’Ester Méthylique d’Acide Gras (EMAG), qui a également une propriété détergente qui décape les cuves et réservoirs. Les utilisateurs se retrouvent souvent avec des particules en suspension dans le réservoir provenant des dépôts sur parois ou fond de cuves, ce qui vient potentiellement encrasser les filtres. Selon la circulaire du 17 décembre 2010, le fioul étant un produit fossile générant toujours des dépôts en fond de cuve, un nettoyage complet est donc recommandé.


Un carburant qui supporte mal le stockage longue durée

L’ EMAG étant hydrophile (absorbe l’eau) une attention particulière doit être apportée à la présence d’eau dans les réservoirs, qui peut potentiellement favoriser l’apparition de bactéries.

L’EMAG peut également réduire la stabilité au stockage du Gazole Non Routier et limite sa durée de conservation à 6 mois suivant la saison.

A signaler qu’en cas d’immobilisation d’un engin sur plus de 6 mois, une vidange du réservoir peut être nécessaire pour éviter le risque d’altération du GNR, si celui-ci n’est pas additivé pour une plus longue conservation.


Une tenue au froid moins importante

Le GNR ne peut pas être utilisé indifféremment selon la saison. Sa faible tenue aux basses températures a rendu obligatoire l’utilisation d’une version été d’avril à octobre (minimum 0°C) et hiver de novembre à mars avec additif antigel (minimum –15°C). Ceci crée des contraintes de stockage importantes,limitant son utilisation à 6 mois ou entraînant le recours à plusieurs cuves de stockage. Dans tous les cas, un changement de GNR de l’été vers l’hiver et inversement, nécessite un nettoyage complet de la cuves’il est stocké dans le même contenant.


Une signalétique sur cuves bien différenciée

Les premiers mois entraîneront une obligation de stockage des différents fluides (GNR et Gazole) ce qui entraîne l’obligation de clairement identifier le contenu de chaque cuve. En effet, rien ne permet de différencier visuellement le GNR du fioul traction, les deux carburants disposant de la même coloration fiscale*. Toute erreur est lourde de conséquences : 1 litre de fioul suffit à altérer la qualité de 1000 litres de GNR.


Quel risque pour l’utilisateur en cas d’utilisation du fioul domestique ?

En cas d’utilisation de fioul domestique dans les moteurs des engins mobiles non routiers, des tracteurs agricoles et forestiers, des bateaux de plaisance et des bateaux de navigation intérieure au-delà des dates fixées dans l’arrêté du 10 décembre 2010, l’utilisateur s’expose, en cas d’infraction constatée, à une amende douanière au titre de l’utilisation à la carburation d’un produit dont l’utilisation n’a pas été spécialement autorisée par un arrêté.

De plus, il est envisagé de mettre en place cette année une sanction supplémentaire à titre environnemental (utilisation d’un carburant contenant une teneur en soufre supérieure à 10 mg/kg, teneur maximale autorisée par la Directive 2009/30/CE).

 

 

La préservation de l’environnement fait désormais partie des préoccupations de chacun. Les moteurs diesels sont une source importante d’émissions polluantes dans l’atmosphère. Depuis de nombreuses années, les autorités gouvernementales mondiales travaillent sur ce sujet dans le but de limiter et réguler la pollution.

Les législations évoluent en parallèle et imposent aux pétroliers et constructeurs de concevoir des moteurs propres en diminuant progressivement la quantité de particules et d’oxydes d’azote rejetés dans l’atmosphère.

En 30 ans, ces normes ont permis de diviser par 100 les émissions, un progrès énorme pour la qualité de l’air que nous respirons.

Norme EURO et TIER

Ces normes sont appelées Norme TIER par l’EPA : Environnemental Protection Agency aux Etats Unis ou Norme EURO par la commission européenne à Bruxelles.

Elles visent à travailler deux axes simultanés :

  • La réduction des émissions de particules
  • La réduction des oxydes d’azote

Elles sont échelonnées par paliers en fonction de dates d’application : voir schéma ci-dessous.

 

Ces résultats sont le fruit d’un travail mené en étroite collaboration entre les pétroliers et les constructeurs motoristes, et sont atteignables si et seulement si les carburants et lubrifiants utilisés sont de bonne qualité ainsi que les intervalles de maintenances respectées.

Le Gazole Non Routier (GNR) est complémentaire à l’action engagée par les motoristes, en engageant notamment les pétroliers dans l’amélioration de la qualité de l’air et la diminution des émissions polluantes émises par les moteurs diesel.

Vous pouvez avoir plus de détails sur la norme Euro sur le site Europa.eu

 

 

Paroles d’expert

Quelques définitions

Soufre : composé naturellement présent dans le pétrole brut. Sa combustion provoque des émissions de dioxyde de soufre (SO2), un important facteur de pollution de l'air. Le soufre a également une fonction de lubrifiant naturel dans le gazole.

Indice de Cétane : évalue la capacité d'un carburant à s'enflammer sur une échelle de 0 à 100. Plus cet indice est élevé, plus la part de particules polluantes solides émises dans l'air est minime.

Température Limite de Filtrabilité

(TLF) : température en dessous de laquelle le carburant ne peut plus être filtrée. la TLF définit également la température minimale de démarrage à froid d'un moteur diesel.


 

Liste des engins devant utiliser du gazole non routier

 

Définition
On entend par engin mobile non routier toute machine mobile, tout équipement industriel transportable ou tout véhicule, pourvu ou non d’une carrosserie, susceptible de se déplacer au sol, sur route ou en dehors des routes, et non destiné au transport routier de passagers ou de marchandises.
En outre, les moteurs doivent être montés sur des engins qui répondent aux exigences spécifiques suivantes :
• être destinés ou propres à se déplacer ou être déplacés au sol ou en dehors des routes ;
• être équipés d’un moteur à allumage par compression ayant une puissance nette supérieure à 18 kW;
• fonctionnant à vitesse intermittente plutôt qu’à une seule vitesse constante.

 

Les engins dont les moteurs sont couverts par cette définition comprennent,
entre autres, les matériels suivants :
• équipements de construction, notamment chargeuses sur roues, bulldozers, tracteurs et chargeuses à chenilles, chargeuses transporteuses, chargeuses compactes rigides à pneus ou à chaînes, camions 
tout-terrain, excavateurs hydrauliques, recycleuses malaxeuses, décapeuses, raboteuses ;
• équipements d’entretien des routes (niveleuses automotrices, rouleaux compresseurs, finisseurs);
• chasse-neige et balayeuses urbaines ;
• machines agricoles automotrices, émotteuses et équipements de sylviculture ;
• équipements de manutention, grues mobiles, chariots élévateurs à fourche, chariots élévateurs tout terrain dès lors qu’ils ne sont pas immatriculés ;
• échelles et nacelles automotrices ;
• équipements d’assistance aéroportuaire au sol
• équipements industriels de forage ;
• compresseurs et motopompes ;
• locomotives ferroviaires ;
• groupes électrogènes ou hydrauliques sur camion

Bateaux de navigation intérieur

Définition
On entend par bateau de navigation intérieure un bateau destiné à être utilisé sur des voies navigables intérieures, d’une longueur égale ou supérieure à 20 mètres et d’un volume égal ou supérieur à 100 m³, ou un remorqueur ou un pousseur construit pour remorquer, pousser ou mener à couple des bateaux de 20 mètres ou plus

 

Tracteurs agricoles ou forestier

Définition
On entend par tracteur agricole ou forestier tout véhicule à moteur, à roues ou à chenilles, ayant au moins deux essieux, dont la fonction réside essentiellement dans sa puissance de traction et qui est spécialement conçu pour tirer, pousser, porter ou actionner certains outils, machines ou remorques destinés à l’emploi dans l’exploitation agricole ou forestière. Il peut être aménagé pour transporter des charges ou des convoyeurs

 

Sont exclus du champ de l’obligation

Les engins et véhicules à usage non commercial ou non industriel 
(ex.: tracteur-tondeuse à gazon utilisé par un particulier, tronçonneuse, 
taille-haie…)
Les bateaux destinés au transport de voyageurs transportant 12 personnes au maximum en plus de l’équipage
Les bateaux de plaisance d’une longueur inférieure à 24 mètres (tels 
qu’ils sont définis à l’article 1
er, paragraphe 2, de la directive 94/25/
CE du Parlement européen et du Conseil du 16 juin 1994 concernant 
le rapprochement des dispositions législatives, réglementaires et 
administratives des États membres relatives aux bateaux de plaisance)
Les bateaux de service des autorités de contrôle
Les bateaux de service d’incendie